Ma transition professionnelle : L’épuisement

an exhausted woman reading documents

“Madame, il faut faire une pause.” 

C’est par là que tout a commencé… 

***

1 – La chute

Journée en télétravail. 

Assise sur la chaise de ma cuisine, je discute déjà depuis une vingtaine de minutes avec la psychologue qui m’a été attribuée au hasard par la plateforme d’écoute. 

Je lui explique que quelques minutes avant mon appel, je me suis retrouvé à ne plus pouvoir traiter les informations qui parvenaient jusqu’à moi. 

Je les voyais sur l’écran de mon PC mais c’est comme si elles ne parvenaient plus jusqu’à mon cerveau. 

J’étais dans un brouillard. 

Puis, j’ai commencé à pleurer, sans pouvoir m’arrêter. 

Pour rien. 

Comme ça.

Devant mes mails. 

***

La psychologue m’aide à me calmer. 

Une fois cela fait, j’explique.

La charge de travail conséquente depuis des mois, les horaires à rallonge,  et le manque de culture légale de cette entreprise qui m’a pourtant embauchée pour ça : Faire mon travail de Juriste.

Je réalise alors combien je ne me sens plus alignée dans cette entreprise.

Je ne suis plus épanouie ni en lien avec mes valeurs. 

En plus, je n’ai plus de disponibilité intellectuelle et émotionnelle pour Juriste Junior. 

Ce projet qui me tient tellement à cœur est au point mort. 

Je me sens frustrée. 

Notre conversation se termine par ces mots : 

“Madame, il faut faire une pause, vous arrêter pendant quelques semaines.” 

***

C’est quelque chose qui m’est difficile à concevoir tant les mots “pause” et “arrêt de travail” ne font pas partie de mon vocabulaire.

Mais au fond, je réalise combien elle à raison. 

Entourée de ma famille, de mes amis et des collègues du Service Juridique qui ont été d’un grand soutien, je commence à comprendre que je ne peux plus continuer comme ça et prend rendez-vous chez le médecin. 

2 – Vous n’êtes pas la seule dans ce cas …

Et là, surprise : 

« –  Ah. Vous aussi vous travaillez dans « une start-up pseudo cool »? 

Vous savez, vous êtes pas la première à venir dans mon cabinet dans cet état”. 

C’est vrai, maintenant que j’y pense. 

On est nombreux dans cet état dans l’entreprise. 

Malgré tout, je ressens de la culpabilité. 

Mon médecin me rassure (il est merveilleux!) : 

  • Vous n’êtes pas chirurgienne, vos dossiers attendront
  • Ce n’est pas vous, c’est un problème d’organisation de l’entreprise
  • Aucun employeur ne devrait cautionner cette situation 

Il termine la consultation en me recommandant de me reposer.

Mais de ne pas oublier qu’on ne peut pas guérir dans un environnement qui nous a rendu malade.

Et qu’il faudra penser au changement.

Quand le moment sera venu.

3 – Se recentrer sur l’instant présent

Je me suis retrouvée arrêtée pendant 3 semaines. 

Durant les deux premières,  c’était très difficile de me concentrer. 

J’ai des insomnies et j’angoisse car j’ai laissé mes dossiers en plan.

Je me sens vide.

Me voila contrainte à ne RIEN faire. 

Cuisiner, dessiner, jouer à Zelda et boire mon café. 

C’est tout. 

La troisième semaine, je vais mieux. 

Je commence à tenir un journal de bord qui m’a beaucoup aidée. 

4 – Le retour au travail

A mon retour, je décide de tout mettre en place pour quitter cet environnement qui ne me convient plus. 

Je me conditionne. Je DOIS trouver un autre travail. 

ll n’y a pas d’autre option dans ma tête. 

Je mets tout en place et je passe à l’action. 

J’active mes contacts. Je mets à jour mon CV.

Je sais ce que je veux. 

Retourner dans une grande entreprise où je pourrais travailler de manière plus apaisée et alignée. 

Cela devient ma priorité. Chaque weekend, je me pose au café pour postuler. 

Dans un café chichi-pomponesque.

Et dans le calme. 

Je me sens mieux car je sais que je vais partir. 

Je passe à l’action, doucement, en confiance. 

***

Nous sommes vibrations. 

Souvent, quand on est aligné et qu’on vibre dans une direction claire et bonne pour nous, les choses viennent à nous facilement. 

C’est ce qui s’est passé.

Le dimanche, j’identifie une offre d’emploi correspondant parfaitement à mon profil (droit des affaires/droit des transports, tu connais) et note le nom de la personne chargée du recrutement sur mon petit carnet de suivi. 

Je projette de la contacter dans le courant de la semaine. 

Le mardi, cette même personne me contacte pour me proposer un entretien. 

5 – Suivre son intuition

Après, j’ai suivi mon intuition. 

En 1 mois, j’avais démissionné et trouvé un nouveau job correspondant parfaitement à mes attentes. 

Aujourd’hui, je travaille dans la joie. 

Dans mon secteur d’activité de prédilection : Le transport. 

J’ai eu deux mois de pause entre les deux postes. 

Et j’ai pu réaliser un objectif de vie : voyager seule à l’autre bout du monde. 

Je te raconterai ça dans un prochain article! 

***

J’ai échappé au burnout. 

Parce que j’ai commencé à écouter ce qui se passait en moi à temps. 

Je souhaitais témoigner sur ce sujet car je ne sais que je ne suis pas seule et qu’il ne faut ni se taire ni avoir honte de la situation.  

J’espère de tout cœur que cela pourra être utile et servir à d’autres personnes qui traversent des périodes compliquées au travail. 

6 – Les leçons que j’ai pu tirer de cette expérience

Tout arrive pour une bonne et juste raison.

Je ne regrette pas cette expérience professionnelle qui m’a beaucoup appris.

Et voici ce que je retiens de cet épisode de vie :

  • Ça arrive et c’est ok. Accepte la situation que tu vis.
  • Ne reste jamais dans un environnement où tu te sens mal. 
  • Apprends à t’écouter. 
  • Cherche la joie et l’apaisement. 
  • Trouve ton équilibre. 
  • Apprends à identifier tes besoins et ce qui est bon pour toi. 

***

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